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P.O.L.
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«Ne soyez pas attristés par ce que je viens de vous apprendre. Cet après-midi, j'ai eu le courage de m'enfuir, de créer une fracture. Et je connais en cet instant un tel bonheur que je sens que ma vieille souffrance s'est assoupie. Une fois ce déclic survenu, on parvient à s'aimer, à se faire confiance, à adhérer pleinement à la vie.» Voici cinq textes de Charles Juliet, rassemblés pour la première fois, qui tous évoquent la lente maturation qui a conduit à un choix d'existence et à l'écriture d'une oeuvre.
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Pourquoi retraduire, une fois de plus, les sonnets de Shakespeare, ou la Tragédie du roi Richard II ? Pour Frédéric Boyer, traduire n'est pas une simple opération linguistique. C'est d'abord une forme d'engagement, une confrontation sur un sol nouveau avec une patrie qui ne sera jamais tout à fait la nôtre. Mais, en nous déportant dans l'autre langue d'une oeuvre, nous apprenons alors que nous n'étions d'aucun sol particulier, d'aucune patrie. Traduire, et retraduire, est une nécessité pour nous sauver, collectivement et individuellement, de l'oubli dans lequel nous sommes. Nous sommes oubliés des oeuvres et de leurs langues. Les retraduire c'est réveiller leur mémoire de langage. Leur dire : nous sommes là nous aussi, et faire en sorte que nous puissions nous entendre. Leur faire dire : faites-vous entendre en nous, réveillez-nous, je vous prends dans mes mots, dans ma langue imparfaite et inachevée.
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Frédéric Boyer a voulu, par une nouvelle traduction intégrale des Confessions de Saint Augustin, rendre justice à cette véritable odyssée personnelle, à ce voyage intime d ans le temps, la mémoire de soi et l'écriture. Interpellations, confidences, exhortations, aveux, micro narrations, souvenirs, hymnes, fictions, louanges, analyses exploratoires, déplorations, cris, anathèmes, psaumes, discours, chants. Augustin révolutionne ainsi la confession antique, détourne la littérature classique, et fait exploser les cadres anciens à l'intérieur desquels nous avons l'habitude de nous réfugier et de penser notre vie.
Jamais le texte des Confessions n'avait bénéficié d'un tel travail. Toutes les traductions françaises existantes, y compris les plus récentes, restent fidèles à la réception religi euse et académique de l'oeuvre, au langage pieux et savant de l'augustinisme.
Frédéric Boyer a voulu s'en affranchir. Ou plus exactement ne pas asservir la traduction à des automatismes de langage. Il enfonce le clou d'un débat capital : la nécessité de remettre en cause, de venir bouleverser nos traditions de réception des textes anciens.
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Zapp & zipp est un journal tenu de 2019 à 2024. Il fait suite à Point d'appui (2012-2018) publié en 2019. Tenir un « journal » quotidien, c'est zapper d'un sujet à l'autre sans s'interdire de zipper les sujets entre eux. On trouve des anecdotes (parfois polémiques) sur la vie des lettres, l'évocation de rencontres déterminantes (Jean-Marie Straub, Jean-Pierre Léaud, François Tanguy...), quelques aperçus sur le quotidien. Moins un journal intime qu'une suite de réflexions, commentaires, sur des faits sociopolitiques, des livres, des oeuvres d'art. La manie propre à l'auteur le contraint à quasiment tout relier à un souci central : la poésie. Le journal en traite parfois de manière frontale : d'où vient la poésie ? Quelle nécessité soutient l'étrangeté de ses langues ? De quoi nous parle-t-elle ? Dans quel but ? Dans quel rapport à la socialité, à la vie civique, aux enjeux politiques ? Que faisaient de ces questions Virgile, Hölderlin, Mallarmé ou Pound ? Qu'en font aujourd'hui des Charles Pennequin ou des Bruno Fern ? Comment déchiffrer un poème de Rimbaud, de Jarry, d'Apollinaire, de Ponge ? Comment comprendre les querelles qui agitent le monde des poètes d'aujourd'hui ? Le souci du « poétique » s'étend à la peinture, au cinéma, au sport, au moeurs, et à des textes a priori non directement « poétiques » (Faulkner, Proust, Saint-Simon, Racine, Jünger, Beckett...) Quelques poèmes jalonnent les pages de Zapp & Zipp. Leur présence rappelle qu'un tel « journal » n'a d'autre raison d'être que de tenter de mieux comprendre pourquoi on peut persister à écrire de la poésie, envers et contre toute rationalité pragmatique et hors de toute sollicitation d'époque.
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«Deux mots placés au fond d'une grotte sont aussi l'espace du langage. Je pénètre à nouveau dans cette grotte et m'enfonce dans les soubassements du langage, armé de ce paradoxe qui doit nous servir de guide. Avec cette contradiction, creuser la langue, en explorer les galeries ; ouvrir l'espace des mots pour y découvrir des cavernes insoupçonnées.» Valère Novarina
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Michael Bon, restons nous-mêmes, et restons ici, mais finissons-en. Il doit bien y avoir une chanson pour ça. Fan Une chanson de toi, Michael, mon coeur ! Il y a une chanson de toi pour toutes les situations et pour toutes les humeurs. Michael Je l'ai cru longtemps, mais là, j'ai beau chercher, je ne vois pas. Une chanson qui dise à la fois la tristesse d'avoir raté sa vie et la fierté d'avoir rendu les gens heureux, ça n'existe pas.
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Un homme parle à des animaux, c'est-à-dire à des êtres sans réponse. Il prononce Le Discours aux animaux qui est une suite de douze «promenades», une navigation dans l'intérieur - c'est-à-dire d'abord dans sa langue et dans ses mots. Un homme parle à des animaux et ainsi il leur parle des choses dont on ne parle pas : de ce que nous vivons, par exemple, quand nous sommes portés à nos extrêmes, écartelés, dans la plus grande obscurité et pas loin d'une lumière, sans mots et proches d'un dénouement. Les autres siècles appelaient ça «crise intérieure», le nôtre «dépression». Valère Novarina pense que c'est un état très nécessaire, très salutaire, à ne pas soigner : l'homme a encore beaucoup à se parler à lui-même...
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«Voici que les hommes s'échangent maintenant les mots comme des idoles invisibles, ne s'en forgeant plus qu'une monnaie : nous finirons un jour muets à force de communiquer ; nous deviendrons enfin égaux aux animaux, car les animaux n'ont jamais parlé mais toujours communiqué très-très bien. Il n'y a que le mystère de parler qui nous séparait d'eux. À la fin, nous deviendrons des animaux : dressés par les images, hébétés par l'échange de tout, redevenus des mangeurs du monde et une matière pour la mort. La fin de l'histoire est sans parole.»
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Une articulation sensée Une prochaine articulation Une centaine d'articulations Un millier de poulets Une appréhension saine de la réalité Une opposition avec franchise Une articulation soudaine instinctive Une production de mille poulets/jour Une véritable articulation lourde de sens Une simplification à l'extrême Une opportunité de croire à une saine articulation
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Ça va bien dans la pluie glacée ?
Dominique Fourcade
- P.O.L.
- Poésies Théâtre
- 22 Février 2024
- 9782818060988
« L'Occident, meurtre sur meurtre, s'effondre sur lui-même sous les coups qu'il se porte en propre. il est terrible d'être ensemble à ce point parce que nous devenons sans nom, le néant »
D. F.
Avec ce nouveau long poème qui alterne vers et prose, écrit dans l'urgence, Dominique Fourcade offre une déploration intime, amoureuse, et collective sur les événements tragiques de la guerre Israël - Gaza. « c'est le déluge qui se produit en Palestine-Israël et qui engloutit l'Occident. une douche de sang réciproque qu'il est de mon destin de vivre en écrivain » Il nous entraîne jusqu'à un désamour crépusculaire, tout en passant par les plus folles et excitantes pensées et visions (comme le chantier de Notre-Dame la nuit éclairée par les néons, pour son « lyrisme laïc »). Le poème devient le lieu où chercher auprès d'artistes, dans des textes, des références, des images, des obsessions, et en soi, l'impossible responsabilité de chacun devant le désastre du monde. -
Le théâtre est l'autre lieu. L'espace s'y appelle autrement : à droite la cour, devant la face, à gauche le jardin, au fond le lointain, au ciel les cintres, sous le plateau les dessous. Au singulier, «les dessous» deviennent le dessous, l'inférieur - qui, remis au pluriel, ouvre les enfers... Qui est dessous ? En dessous de tout ? - Le langage, le verbe, la parole. - Qui est descendu aux Enfers ? - Orphée, Mahomet, Dante, le Christ. Qui soutient tout, nous constitue, nous structure, nous porte ? nous supporte ? nous sous-tend ? Quel est notre sous-sol ? - Notre langue. C'est sur elle que toute la construction humaine repose. C'est par elle que nous avons été (légèrement, fragilement¿ !) séparés des animaux. Nous sommes des animaux qui ne s'attendaient pas à avoir la parole.
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De ce texte théâtral, une véritable opérette avec lyrics, voici ce que dit Valère Novarina : «C'est une forme acérée, un théâtre acide et en relief : une eau-forte. La pâte théâtrale a disparu : reste le trait, l'élan, la gravure. Par projections, sauts projetés, par passage d'un plan à l'autre, par pointillés, par découpes, le théâtre vient ici se débarrasser du tendre, de la plainte, du partage ému. L'opérette : ossature et forme cruelle du théâtre.» Ou encore : «Le temps avance par irruption de personnages rythmiques - affublés d'un air animalesque ou trop humain, ils entrent, traînant ritournelles et romances. L'action avance par secousses de l'espace : le public vient voir se percuter des sentiments, s'entrechoquer la vie (...) : pas de personnages mais des vêtements habités. Vêtus de langue, voici des masques, des cavaliers d'anatomies, tournant en cercles, spirales, en figures de quadrilles, carrés, constellations : comme les personnes d'un jeu de carte. Souffrance du Valet de carreau. Joie du 8.»
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DANS LA LITTÉRATURE QUI ME PRÉCÈDE (PARTICULIÈREMENT LA POÉSIE) PEU DE GUEUNONS. C'EST LE RÈGNE DU SINGE.
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«Le signe =. Manifeste. Nouveau. Un manifeste possédé de poésie faciale, l'autoportrait. Après les discours sur l'inconscient, voilà le discours sur le conscient. Un texte qui parle du souffle, de la merde, de la joie, des myosotis et du noir. Avec à la fin un poème inédit sur le bison.»
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Flirt avec elle est ce que j'ai pu faire en 2022, humblement tout ce que j'ai pu écrire, rivé à l'horreur de la guerre en Ukraine qui a laissé une marge de manoeuvre très étroite à mon écriture à ma vie. là je rentre de Lyon, où je suis allé voir l'exposition Poussin et l'amour au Musée des Beaux Arts. je savais que j'y reverrais L'inspiration du poète, non seulement la grande sublime version du Louvre à laquelle je me suis référé toute ma vie, vérifiant à chaque fois que ça existe bien et à quoi ça peut ressembler, l'inspiration du poète (qui n'est j'en suis persuadé pas différente de l'inspiration du romancier, il suffit de songer à celle de Pasternak écrivant Jivago). je prends, chaque fois que je me plante devant lui (mais ce pourrait bien être lui, le tableau, qui se plante devant moi), je prends une sacrée leçon. je savais aussi que je verrais à Lyon une version antérieure ou première pensée, celle du musée de Hanovre, craquante de sensualité et de provocation, et que, pour la première fois et certainement la dernière, je verrais ces deux peintures côte à côte. mais cette fois, dans le train du retour, un merveilleux tgv italien, Poussin et ses tableaux me traitaient sans ménagement, me disaient quelque chose comme, «toi, avec ton flirt avec elle, et ta soi-disant prétention de te mesurer à la guerre en Ukraine, on t'a à l'oeil, t'as intérêt à numéroter tes abattis». tout ce que j'ai trouvé à répondre à Poussin, c'est qu'il me semblait que je devais transcrire au jour le jour la façon dont j'enregistrais cette guerre et la proximité avec la mort qu'elle imposait, et aussi, et surtout, que je devais en profiter, si je puis dire, pour repousser les limites de mon écriture, la mener à la frontière du romanesque, écrire si possible comme je n'avais jamais écrit. Sûrement devais-je parler à haute voix, et avoir l'air très troublé puisqu'une hôtesse, dans le tgv lancé à 260, a jugé bon de me demander si tout allait bien.
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« Au bord parfois très pentu où je me penche, je m'en vais m'aligner sur un espoir plus grand. ».
Les vivres est le journal recomposé (de septembre à février) d'une disparition espérant, dans l'intervalle ouvert par la disparition, appeler une autre mesure du temps que celle du deuil. Élégiaque ou projectif, le vers passe en contrebande dans la prose, la contamine comme le souvenir d'une langue maternelle résiste à l'effacement. Images d'enfance. Mots perdus et retrouvés. Souvenirs redistribués dans le langage.
Peut-être s'agit-il d'inscrire la survivance d'un lien au revers du présent langage, et de tenter d'habiter temporairement cet intervalle comme on assemble les pièces d'un puzzle pour recomposer une figure toujours dissemblable.
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«Art brut. Art ancien. Libelles de circonstance sans importance. PAN est le bruit du pétard que j'ai allumé sur la terrasse du restaurant de chantier pour l'inauguration de la revue, puis nous avons dit de concert PAN chacun de sa place disait PAN. Pour les nuages j'en ai pris la décision au Mans dans un café couvert de lierre de la grand place du Mans un jour de lecture au théâtre du Mans, des mois plus tard j'ai dû me dépêcher de faire un texte pour lire au théâtre de la Bastille, des mois plus tard je changeais de version que je lisais pour un enregistrement dans expressif, le petit bidon que je remodelais des mois plus tard, je l'appelais alors Malmo et je devais le lire au théâtre de Malmo mais comme j'oubliais mes feuilles j'improvisais ce jour-là puis je prenais le train en différentes saisons pour Reims et d'autres villes et je notais ce que je voyais par la fenêtre puis je préparais une version pour ce qui allait devenir la cage puis des mois plus tard je reprenais entièrement le texte et rajoutais la première phrase alors que Toto s'est écrit dans une nuit sur la terrasse d'une villa au-dessus de la mer sur la côte d'azur pendant que dormaient kati et sa mère.»
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« Tu es né à Draa Ben Khedda, près de Tizi Ozou, sur une montagne magique. Au fil des ans, tu subis les affres d'une décolonisation ratée sur une terre hostile à Alger. Par-dessus le marché, ton père s'avère ne pas être ton père et ta patrie se compromet dans des querelles fratricides. Alors, comme tant d'autres, tu suis l'exode aveugle qui, de logements radieux en prisons modèles, clouera définitivement le bec à tes illusions. Dans un ultime baroud tu t'engages à la Légion étrangère où tu te fonds sans mal dans le paysage. On te retrouve femme de ménage nettoyant l'infirmerie en préfabriqué d'un Quartier anonyme. C'est là, parmi les serpillières et sous l'accablante moiteur, que tu décides enfin de ton sort : tu allais devenir le premier homme à partir dans la jolie fusée qui te nargue derrière ses feuilles de palme. Et c'est ainsi qu'avec l'aide de mercenaires décatis et de putains, tu mets sur pied le premier vol habité d'Ariane. »
On retrouve dans ce récit poétique composé comme une BD sans dessins, avec collages, éclats de voix, digressions mentales, messes basses, compositions abstraites, anecdotes déjantées, les personnages de plusieurs livres de Frédéric Léal depuis Selva ! en 2002. Mais cette fois les protagonistes décident d'aider un légionnaire cafardeux à partir dans la fusée Ariane. Un roman débridé, pratiquant l'auto-science-fiction et promouvant une forme de résilience trash. -
«C'est alors que se pose la question de la naissance de l'anatomie, c'est-à-dire l'action de couper pour voir.» Jackie Pigeaud
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Un récit autobiographique ? Un roman grammatical ? Un témoignage sur l'ancien Tanger, d'avant 1956 ? Une chronique des années 40 et 50 ? Tout cela à la fois ?... Je n'ai pas pensé à ces catégories en l'écrivant. Depuis 2006 (Terrasse à la Kasbah), j'ai raconté cette histoire, avec ses anecdotes, ses digressions, ses raccourcis, ses hésitations, ses apories, ses répétitions, ses contradictions, ses retours en arrière... Sans me soucier de savoir où cela mènerait ; mon parcours s'est imposé ainsi au fur et à mesure de l'écriture. Maintenant que j'ai terminé, je regarde Une Grammaire de Tanger comme une vraie fiction, avec ses personnages et son narrateur, le petit Jule, écolier rétif aux prises avec la grammaire. Mais y a-t-il seulement lieu de différencier fiction et non fiction, puisque, dans un cas comme dans l'autre, ce sont les mêmes mots, les mêmes règles fixes qui sont à l'oeuvre ?
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Petite bande est dans les doigts. petite bande est la main. petite bande c'est les morts qui nous poussent dans la main. la main écrit dans la bouche avec la petite mort. toutes les paroles viennent mourir dedans nos écrits. petite bande c'est les langues. petites langues qui nous poussent dans l'écrit.
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Retour à la «nature». Mais moins vue (sites) qu'éprouvée (matières : physique et chimie). Décors et figures roulés dans la farine syllabique, embrouilles avec l'espace, méli-mélo de temps, cadences têtues, ratures pour rire, ratés calculés : appelons ça poésie. On n'y gagne qu'un déséquilibre. Comment s'est-on fourré dans ce guêpier ? : vite fait, un peu d'histoire ; salut à des amis, qui en furent ; un coucou à l'éros qui fait écrire ; et, les temps étant venus, legs des rogatons. Rideau.
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«La nuit des garçons dansent pour conjurer le sort et faire vivre un désir plus grand.»
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Métamorphiques est écrit journellement au cours d'une saison d'hiver. Le livre est d'abord composé de six fois neuf poèmes de même forme. On entrevoit quelques possibilités de deviner l'avenir par les moyens verbaux. Le désir de prédire, autant que le bon sens, étant sans doute les choses du monde les mieux partagées. Ici, les signes à déchiffrer sont recherchés dans un corps souffrant et rêvant ; des coïncidences sont reconnues dans la vie sociale afin de déterminer des décisions. L'exploration des signes est une véritable épreuve de lecture du poème. Et puis, le journal se rompt.
Deux séquences font suite, formellement en ruine : les mots sont défaits, des sons foisonnent. Une sorte de discours se constitue, son objet est l'anéantissement de tous les enfermements. Dans une oeuvre radicale, qui recourt à la poésie sonore, Luc Bénazet cherche à saisir les paroles : matières composées de souffles et de lettres, dont la page et l'oralité sont les deux horizons sur lesquels elles apparaissent et se désagrègent.